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Mardi 1 Février 2011 15h12
Docteur Stéphane Cosson
Plusieurs études ont suggéré que l’aspirine prise au long cours pourrait réduire le risque de survenue de certains cancers, notamment digestifs. D’autres études animales ou observationnelles ont suggéré un bénéfice sur d’autres types de cancer. Cette étude a évalué ces effets à partir d’études randomisées effectuées initialement en prévention d’événements vasculaires. Elle a été réalisée à partir des données de huit études randomisées avec prescription d’aspirine d’une durée moyenne d’au moins 4 ans dans lesquelles était évalué le risque de décès par cancers digestifs et non digestifs. Dans trois études, les données ont été analysées à long terme après la fin de l’étude à partir des certificats de décès. Dans huit études (25 570 patients, 674 décès par cancer), la prescription d’aspirine réduisait significativement le risque de décès par cancer (OR 0,79 ; p = 0,003). Après analyse individuelle, disponible sur 7 études (23 535 patients, 657 décès par cancer), le bénéfice n’était apparent qu’après seulement 5 ans de suivi (tous cancers, HR 0,66 ; p = 0,003 ; cancers digestifs, 0,46 ; p = 0,003). Le risque de décès par cancer à 20 ans (1 634 décès sur 12 659 patients dans 3 études) restait plus faible dans les groupes sous aspirine que dans les groupes témoins (cancers solides, HR 0,80 ; p < 0,0001 ; cancers digestifs, 0,65 ; p < 0,0001), et ce bénéfice augmentait (interaction p = 0,01) avec la durée de traitement (O 7,5 ans : cancers solides ; 0,69 ; p = 0,003 ; cancers digestifs, 0,41 ; p = 0,0001). La période de latence avant d’observer un effet sur le décès était d’environ 5 ans pour l’œsophage, le pancréas, le cerveau, et les poumons mais plus long pour l’estomac, la prostate et le cancer colorectal. Le bénéfice ne concernait que les adénocarcinomes pour les cancers de l’œsophage et pulmonaires, et le bénéfice global à 20 ans était plus important pour les adénocarcinomes (HR 0,66 ; p < 0,0001). Le bénéfice n’était pas lié à la dose d’aspirine (O 75 mg) ni au sexe, ni au tabagisme mais augmentait avec l’âge, la réduction du risque absolu de décès par cancer à 20 ans atteignant 7,08 % après 65 ans.
La prise journalière d’aspirine réduit le risque de décès par cancer de différents types. Ce bénéfice augmente avec la durée de traitement et est observé dans les différentes populations étudiées. Ces données pourraient influencer les recommandations concernant la prescription de cette thérapeutique.
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